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“Right to Livelihoods in Haiti” FINN CHURCH AID (FCA) Rapport final phase #1 (FRENCH)

  • Ce rapport porte sur la production d’œufs en Haïti dans un contexte de stratégies de subsistance des ménages ruraux des classes populaires.
  • Les données sont tirées d’un bilan des études précédentes, de rencontres avec des fermiers, des entrepreneurs, des marchands, des chefs de coopératives et de deux sondages : un « sondage sur les poules » auprès de 382 ménages et un suivi auprès de 91 des répondants.
  • La valeur actuelle du marché des œufs en Haïti est de 36 millions de dollars américains par année (MARNDR 2014). Il s’agit donc de 41,2 millions d’œufs par mois; 6,45 millions proviennent d’établissements agro industriels; quelques centaines de milliers sont produits sur de petites fermes où réside la moitié de la population haïtienne, et dans les zones périurbaines où habite 30% de la population. La partie restante est importée de la République Dominicaine (plus de 90% en 2012) et, dans une moindre mesure des États-Unis (environ 4% en 2012).
  • La production d’œufs a chuté au cours des années 1980 et 1990 pour disparaître presque totalement en 1998. Au cours de la même période, l’importation d’oeufs de la République Dominicaine a augmenté dramatiquement.
  • Prétextant une grippe aviaire le gouvernement haïtien a proclamé un embargo sur les oeufs dominicains en 2012, tout comme il l’avait fait en 2008, sans se rétracter officiellement. Pour tirer de cette interdiction, d’énormes efforts pour promouvoir la production nationale ont été mis en place et continuent à ce jour. Toutefois, les importations ont repris leur cours de manière informelle.
  • La perspective d’une autosuffisance en oeuf pour Haïti est encore lointaine. L’insuffisance des moyens de transport, l’apport en électricité peu fiable et très cher, et la faiblesse des services de vulgarisation agricole et d’appui gouvernemental sont des obstacles importants. Toutefois, la plus grande contrainte est l’approvisionnement en nourriture pour volaille, qui représente 80% du coût de production des œufs. Ramené à l’unité, le coût en nourriture de volaille par oeuf est actuellement de 11 cents US par oeuf en Haïti, soit le même prix d’un oeuf acheté à la frontière.
  • Pour les investisseurs attirés par la production avicole, la production de poulets à griller est une option bien plus intéressante. Par contre, les œufs peuvent être entreposés plus facilement que la chair de poulet -sans nourriture- et sont plus faciles à mettre en marché dans les zones rurales.
  • La production d’œuf par des ménages en zone rurale est surtout limitée par les stratégies de subsistance favorisées par les fermiers. La plupart d’entre eux dépendent d’une variété de stratégies de subsistance basées sur des technologies simples sous le principe « investissement minimal et risque minimal ». Pour la volaille, ceci se traduit par des poules en liberté que l’on nourrit juste assez pour qu’elles restent près de la ferme, sans vaccination, aucun supplément ni traitement des poules malades. Par conséquent, les maladies et les prédateurs ont raison d’une forte proportion de la population des pondeuses : 81% des producteurs avaient perdu leur troupeau entier au cours de l’année précédente.
  • La production d’œufs par des poules en libre pâturage est assujettie aux limites inhérentes à l’environnement, soit par la quantité d’insectes et d’autres aliments offerts aux poules par unité de surface.
  • La production d’œufs par des poules en libre pâturage est limitée par l’ordre hiérarchique des poules. Les poules n’acceptent pas facilement des oiseaux qui ne sont pas nés parmi le troupeau et qui n’ont pas été protégés par une mère-pondeuse. Ceci donne lieu à une valorisation des couveuses: 77% des répondants ont affirmé préférer les couveuses aux pondeuses. Une fois qu’une poule se met à couver, elle cesse de pondre. De par ces contraintes, en Haïti, l’élevage en libre pâturage ne produit que 14 œufs par poule dont la plupart ne sont pas destinés à être vendus. En comparaison, une pondeuse en contexte industriel peut produire 300 œufs par année.
  • Seulement 13% des fermiers ont identifié la production d’oeufs comme raison principale d’élever des poules.
  • La plupart des projets de production d’œufs et de volaille en Haïti se sont soldés par des échecs. Ceux qui ont réussi semblent lourdement subventionnés par des ONG, des congrégations religieuses, ou d’obscurs investisseurs gouvernementaux. D’autres producteurs semblent plus intéressés par les dons de charité que par le marché des œufs.