Anthropologie, politique et engagement social

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ABSTRACT

Parler du Bureau d’ethnologie d’Haïti1 aujourd’hui est une tâche à la fois délicate et nécessaire. Nécessaire, car il faut tirer de l’oubli une institution qui a marqué le paysage intellectuel, social et politique d’Haïti au XXe siècle. Le Bureau d’ethnologie, souvent confondu avec la Faculté d’ethnologie, a très mauvaise presse aujourd’hui dans le pays. Il est évoqué, de manière confuse chez les uns, plus précise chez les autres, à la fois comme le bastion du duvaliérisme et le foyer de la religion vodou, laquelle est souvent décriée parce qu’associée à des pratiques de sorcellerie. La tâche s’avère donc délicate, car pour parler du Bureau et faire avec impartialité le bilan de ses soixante-deux années d’existence, il faut évoquer des moments douloureux de l’histoire nationale et toucher à des domaines encore sensibles dans la société haïtienne d’aujourd’hui. Le propos ici n’est pas de faire une analyse en profondeur de la production ethnographique de cette institution – d’autres contributions dans ce volume le feront – mais plutôt de retracer les grandes lignes de son histoire intellectuelle et tenter d’expliquer les causes du rayonnement puis du déclin de cette institution qui se voulait le « bastion de la connaissance scientifique haïtienne ».

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